James Scott parle de l'Asie du Sud-Est, la région d'où je viens : des gens qui ont dû se cacher et fuir — beaucoup de gens au Tibet aussi, et des Chinois. Ils plantaient du maïs, des choses que l'État ne pouvait pas saisir facilement. Ils évitaient les grandes villes, là où l'État les prenait pour construire les routes, et ils respiraient un air un peu plus libre. C'est le premier livre.
Le deuxième, désolé, mais je vais devoir recommander le roman préféré de ma mère, qui est aussi mon roman préféré : Le Rouge et le Noir, de Stendhal. Il y a quelque chose de remarquablement contemporain chez Stendhal, son portrait de l'ambition : Julien Sorel, un paysan de Franche-Comté, qui séduit une grande dame de la petite ville d'où il vient, puis arrive à l'hôtel de La Mole, dans le faubourg Saint-Germain. Il y a là quelque chose qui me parle très fort.