6 passages sur Thinkerview · 16 livres recommandés
Je vais vous proposer trois films. Le premier, c'est le diptyque sur de Gaulle, fondamental. Je suis un grand cinéphile, fils de producteur de cinéma, j'ai baigné dedans — et c'est la première fois de ma vie que je vois un film patriote français. C'est très remarquable à tous les niveaux : d'une part sur le fait qu'il existe, mais aussi sur le fait qu'il n'y en ait pas eu jusqu'ici sur d'où vient la France et dans quel état d'esprit elle s'est retrouvée ces dernières années.
Je vais vous proposer trois films. Le premier, c'est le diptyque sur de Gaulle, fondamental. Je suis un grand cinéphile, fils de producteur de cinéma, j'ai baigné dedans — et c'est la première fois de ma vie que je vois un film patriote français. C'est très remarquable à tous les niveaux : d'une part sur le fait qu'il existe, mais aussi sur le fait qu'il n'y en ait pas eu jusqu'ici sur d'où vient la France et dans quel état d'esprit elle s'est retrouvée ces dernières années.
Ensuite, je pense notamment à ceux qui ont des enfants et qui ne veulent pas renoncer à l'exigence, qui veulent les amener vers autre chose et ne pas se contenter des films Disney : La flûte enchantée, l'adaptation par Bergman de l'opéra de Mozart. Bergman est un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma, qui a fait des films très exigeants par ailleurs, et celui-là s'ouvre aux autres, s'ouvre au monde.
Je pense que c'est très important de voir un des plus beaux films de l'histoire du cinéma : Le petit soldat, de Godard — un film sur la guerre d'Algérie, je crois son deuxième film, mais qui avait été censuré et n'a pu sortir qu'après Les Carabiniers. C'est très beau à beaucoup de niveaux : d'abord parce que c'est un film sur la guerre d'Algérie et la torture, des deux côtés, pas seulement du côté français à l'égard des Algériens. C'est aussi un film sur le cinéma, où il s'interroge sur ce qu'est le cinéma. Et c'est un film d'amour — c'est, sauf erreur de sa part, son premier film avec Anna Karina, et il est en train de tomber amoureux de son actrice au moment où il la filme.
J'ai découvert assez tard les Évangiles. Je préfère celui selon saint Matthieu, en les lisant tous. Je les ai découvert à travers le film de Pasolini — c'est un grand intellectuel qui était à la fois dans le politique, à la fois poète, à la fois cinéaste, avec une radicalité incroyable : communiste et chrétien. C'est quelqu'un qui a réussi à avoir une forme de transgression très fructueuse pour la société.
Je pense que c'est très important de revoir Apocalypse Now maintenant que les spectres de la guerre reviennent — c'est le plus grand film, je pense, qui a été fait, avec peut-être La Ligne rouge de Terrence Malick, sur la guerre. C'est très très important.
C'est très important de revoir La Ligne rouge de Terrence Malick maintenant que les spectres de la guerre reviennent — c'est un des plus grands films qui ont été faits sur la guerre.
Un livre que je recommande à chaque fois, parce qu'il traite de la Première Guerre mondiale : Voyage au bout de la nuit, de Céline. C'est classique, mais c'est important — malgré ses positions tendancieuses sur deux ou trois choses, sans importance au regard de son génie littéraire, il a raconté la guerre comme peu de personnes l'ont fait. C'est une œuvre qui raconte, sur la durée, ce que c'est que de se confronter à la mort.
Je pense qu'il faut absolument lire de la poésie, ce qui n'est pas facile. Un exemple, un auteur allemand, pour être œcuménique : Rilke. C'est quelque chose d'accessible, d'une légèreté et d'une beauté vraiment phénoménales, y compris en traduction.
J'ai beaucoup lu ces derniers temps, l'été dernier, Racine. C'est compliqué de lire Racine quand on se l'est vu infliger à l'école… Je recommande juste une chose : vous téléchargez l'application Radio France, vous allez sur France Culture, vous tapez « Racine », et vous avez les enregistrements de la Comédie-Française des années 60, 70.
J'avais beaucoup aimé — pour rendre hommage quand même à Matthieu Auzanneau — Or noir, qui est une Bible sur le pétrole. Passionnante.
D'abord un livre de Dostoïevski, Crime et Châtiment, pour une raison très simple : aujourd'hui, il y a un mouvement massif de destruction de tous les auteurs russes dans les bibliothèques ukrainiennes. Dostoïevski, Pouchkine… soit rangés dans les réserves, soit jetés — et vous avez un article du Monde qui décrit ça en termes positifs. Crime et Châtiment, parce que c'est une des plus belles œuvres de l'histoire de l'humanité.
Les Misérables de Victor Hugo, parce que ça vous donne une charpente littéraire, politique, intellectuelle, et que ce n'est pas du tout un livre chiant. C'est le genre de livres dont on se dit qu'ils ne sont pas faits pour nous, alors que ce sont des livres merveilleux à découvrir par soi-même et à s'approprier.
Voyage au bout de la nuit de Céline, parce que c'est le plus grand livre de littérature du XXe siècle, de très loin.
Ce texte avait été mis en ligne en novembre dernier : c'est une enquête sur la Macronie et ses liens avec l'oligarchie, avec certaines des personnes les plus puissantes du pays, voire du monde — Xavier Niel, Bernard Arnault…