Je dirais Le Mal français de Peyrefitte. C'est un livre qui explique à quel point plus une collectivité grossit — une administration ou une entreprise — plus cette administration se tourne sur elle-même, moins elle se met au service du public. Il décrit parfaitement la bureaucratie française : comment à mesure que l'administration a grossi, elle s'est recroquevillée sur elle-même dans un système où le bureau A donne un ordre au bureau B qui lui-même contrôle les résultats du bureau C. C'est écrit dans les années 70, c'est hyper actuel. Ça vaut absolument le coup d'être lu parce que ça dit où on en est aujourd'hui.
La première fois que j'étais venue, j'avais suggéré Avril Brisé d'Ismaïl Kadaré. Je pourrais le redire.
Je donne toujours en conseil des livres de Kundera, notamment pour ceux qui veulent commencer la littérature, pour ceux qui pensent qu'ils n'auront pas le niveau. Kundera, c'est vraiment parfait — on entre tellement naturellement. Je dirais Le Livre du rire et de l'oubli. C'est idéal aussi pour commencer à lire.
Balzac, La Comédie humaine. On voit ce que c'était au 19e siècle : la jeunesse française qui rêvait de venir à Paris parce que pour eux Paris c'était le symbole de tout — le symbole de l'ambition pour ce qu'elle avait de positif comme de négatif, le symbole de la gloire, de l'argent, de la puissance industrielle et financière. C'est presque un roman policier, c'est magnifique, ça se lit facilement. Parfois on peut avoir une appréhension en se disant « je vais rentrer dans Balzac, c'est long ». C'est idéal aussi pour commencer à lire.