On parle beaucoup de ces questions de croissance, de décroissance, d'alternatives. Un livre que je voudrais recommander, qui me paraît extrêmement lucide et bien documenté sur la question, c'est celui de Timothée Parrique, Ralentir ou périr. C'est je crois une excellente synthèse.
Je m'en voudrais de ne pas recommander le livre d'un Italien, Stefano Boni, qui s'appelle Homo confort. Il montre combien la recherche du confort dans nos existences est une véritable entrave à la recherche de solutions pour une société plus durable. Je crois qu'il touche quelque chose d'extrêmement important dans notre civilisation.
Un philosophe et sociologue allemand, Hartmut Rosa, a travaillé sur les notions d'accélération et de résonance — ce sont les titres de ses deux ouvrages majeurs. Il a aussi publié des ouvrages beaucoup plus accessibles et courts. Ce que nous montre Rosa, c'est que notre société est victime d'une véritable maladie, la recherche permanente de l'accélération, et que nous perdons notre capacité à nous rapporter les uns aux autres.
Accélération, Résonance : ce sont les titres de ses deux ouvrages majeurs. Ce qu'il nous montre, à juste titre je crois, c'est que peu à peu nous nous rapportons aux autres en cherchant à les utiliser : les autres deviennent des moyens au service de mes objectifs, le monde est une ressource à exploiter. Il faut passer de ces rapports d'instrumentalisation à des rapports de résonance, d'attention, d'empathie.