Saint-Exupéry, dans Le Petit Prince — un livre que j'aime beaucoup et qui dit qu'il faut garder son âme d'enfant. Si tu gardes l'esprit curieux, si tu ne rejettes pas les choses en disant « mais non, ça c'est pas possible », si tu dis « et si c'était possible » — le simple fait de le dire t'ouvre des horizons insoupçonnés. Je le relis souvent parce qu'il faut se forcer régulièrement à éveiller sa curiosité, à se remettre en cause. Le Petit Prince, c'est un bon moyen de se remettre en cause intellectuellement.
Il y a un livre que j'ai lu récemment et que j'ai adoré : L'Italien de Pérez-Reverte, un grand auteur espagnol. Il raconte l'histoire des nageurs de combat italiens qui attaquaient à Algésiras les bateaux anglais à Gibraltar — avec une histoire d'amour avec une Espagnole à côté. Je trouve que c'est une belle histoire parce que ce sont des choses qu'on a oubliées. Ces gens-là avaient un courage fou. Pérez-Reverte écrit très très bien comment ça se passe — il a repris des faits véritables de l'époque.
Il y a un livre qui vient d'être primé : Nos chers Alliés — c'est une opération d'intelligence économique faite par les Américains en France sur des sociétés françaises. C'est superbe parce que c'est à la fois un roman, et en même temps c'est vraiment comme ça que ça se passe.