J'ai des livres de chevet freudiens, bien sûr, mais ce n'est pas réservé aux psychanalystes. Un jeune aujourd'hui, qu'il lise Pourquoi la guerre ? : Freud a écrit un texte, Einstein a écrit l'autre. Il faut le lire. Deuil et mélancolie, il faut le lire. C'est universel, c'est fabuleux.
Un autre auteur qui me revient très fort en ce moment, c'est Kafka — c'est très kafkaïen, en ce moment. J'irais tout de suite à La Métamorphose, par exemple. Beaucoup de grands philosophes ont dit qu'il revenait à Kafka de raconter ce rapport à l'autre si difficultueux. Et nous sommes en pleine métamorphose sociale : c'est une façon d'attraper, sur un mode plus poétique, toutes les difficultés dont on a parlé.
C'est grâce à mon père, quand j'étais jeune : il m'a obligé à lire les grands auteurs russes, en français. Je crois qu'il n'y a quasiment pas plus haute littérature. Et c'est pour dire qu'un peuple, ce n'est pas simplement le peuple en guerre, l'armée russe qu'on voit : il y a une âme, il y a de très grands auteurs russes. N'oubliez pas qu'un jour, on pourra revivre en commun.